Glossaire

Marché carbone

Le marché carbone est un système d'échange de quotas ou de crédits d'émissions de gaz à effet de serre, permettant aux acteurs dépassant leur quota d'en acheter à ceux qui en disposent d'un excédent.

Il vise à donner un prix aux émissions de carbone afin d'inciter les entreprises et les pays à réduire leur empreinte, tout en offrant une certaine flexibilité économique.

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Karim
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Donner un prix à quelque chose qui n'en avait pas : c'est l'idée, simple à énoncer et difficile à mettre en œuvre, qui a présidé à la création des systèmes d'échange de quotas d'émission. Trois décennies plus tard, le marché carbone existe bel et bien, il pèse sur les coûts de secteurs entiers, et il commence à atteindre des entreprises qui ne s'y croyaient pas exposées, par le canal de leurs fournisseurs et de leurs clients.

Qu'est-ce que le marché carbone ?

Le marché carbone est un système d'échange de quotas ou de crédits d'émissions de gaz à effet de serre, permettant aux acteurs dépassant leur quota d'en acheter à ceux qui en disposent d'un excédent.

Il vise à donner un prix aux émissions de carbone afin d'inciter les entreprises et les pays à réduire leur empreinte, tout en offrant une certaine flexibilité économique.

Le mécanisme porte un nom technique, le plafonnement et échange. Une autorité fixe un plafond total d'émissions pour les installations couvertes, distribue ou vend des quotas à hauteur de ce plafond, puis réduit ce plafond année après année. Chaque installation doit restituer autant de quotas qu'elle a émis. Celle qui réduit ses émissions revend son excédent ; celle qui ne le fait pas achète.

L'économie de ce dispositif tient en une phrase : la réduction se produit là où elle coûte le moins cher, et le prix du quota indique à chacun à partir de quel montant il a intérêt à investir plutôt qu'à acheter.

Il faut distinguer deux univers qui portent le même nom. Le marché de conformité, obligatoire, repose sur des quotas attribués par la puissance publique. Le marché volontaire repose sur des crédits issus de projets de réduction ou d'absorption, achetés librement par des entreprises qui veulent compenser des émissions résiduelles. Les deux n'ont ni le même cadre juridique, ni la même fiabilité, ni le même prix.

Le marché de conformité, et qui il touche

En Europe, le système d'échange de quotas couvre depuis son origine les installations industrielles et énergétiques les plus émettrices, ainsi que l'aviation intra-européenne, et s'est étendu progressivement au transport maritime.

Trois évolutions récentes élargissent nettement son périmètre, et ce sont elles qui concernent les entreprises jusque-là hors du dispositif.

La réduction de l'allocation gratuite : les quotas distribués sans contrepartie aux secteurs exposés à la concurrence internationale diminuent, ce qui augmente le coût réel supporté par ces industries et se répercute sur leurs prix de vente.

Le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières : les importations de certains produits à forte intensité carbone, comme le ciment, l'acier, l'aluminium, les engrais, l'électricité et l'hydrogène, doivent être déclarées puis couvertes par des certificats. Toute entreprise qui importe ces biens est concernée par les obligations déclaratives, quelle que soit sa taille.

L'extension à d'autres usages : un second système est prévu pour les combustibles utilisés dans les bâtiments et le transport routier, dont le coût sera supporté par les fournisseurs et se retrouvera dans les factures d'énergie.

Autrement dit, une entreprise qui n'a aucune installation soumise à quotas voit le marché carbone arriver jusqu'à elle par trois portes : le prix de ses achats industriels, ses obligations déclaratives à l'import, et le coût de son énergie.

Questions fréquentes

Une petite entreprise doit-elle acheter des quotas ?
Non, sauf si elle exploite une installation couverte. En revanche, elle peut être tenue de déclarer les émissions incorporées dans certains produits qu'elle importe.

Quotas et crédits, quelle différence ?
Un quota est un droit d'émettre créé par une autorité dans un plafond fixé. Un crédit est censé représenter une réduction ou une absorption réalisée par un projet. Le premier relève d'une obligation, le second d'une démarche volontaire.

Acheter des crédits permet-il de se dire neutre ?
Les règles encadrant les allégations environnementales se sont resserrées et l'usage du mot est désormais risqué s'il repose sur la seule compensation. La réduction des émissions propres précède la compensation, et l'inverse s'expose à une contestation.

Le prix du quota est-il stable ?
Non. Il varie selon la conjoncture, la météo, le prix du gaz et les décisions réglementaires. Cette volatilité est une difficulté réelle pour les industriels qui doivent l'anticiper.

Qui vérifie les émissions déclarées ?
Des vérificateurs accrédités, selon un protocole imposé. Les manquements déclaratifs sont sanctionnés indépendamment du niveau réel d'émissions.

Ce que cela change pour une entreprise ordinaire

Trois effets concrets méritent d'être anticipés plutôt que subis.

Le prix des matériaux. Ciment, acier, verre, aluminium, engrais et produits chimiques intègrent progressivement le coût du carbone. Pour une entreprise du bâtiment, de l'agroalimentaire ou de l'industrie légère, cela se traduit par des hausses d'achat régulières, qu'il vaut mieux intégrer aux devis longs par une clause de révision.

Les obligations déclaratives à l'import. Elles supposent d'identifier les produits concernés, d'obtenir de ses fournisseurs les données d'émissions incorporées, et de déposer des déclarations périodiques. Les entreprises qui s'y prennent tard découvrent que leurs fournisseurs hors Union européenne ne disposent pas de ces données, ce qui prend des mois à organiser.

Les demandes des donneurs d'ordre. Les grandes entreprises soumises à des obligations de publication extra-financière interrogent désormais leurs fournisseurs sur leurs émissions. Une réponse documentée devient un critère de référencement, et une absence de réponse un motif d'éviction.

La conduite raisonnable consiste donc à mesurer avant d'être interrogé. Un premier calcul d'empreinte, même approximatif, permet de répondre, de repérer les postes dominants et d'éviter les engagements que l'on ne pourra pas tenir.

Les critiques, et ce qu'elles valent

Un article honnête sur le sujet doit exposer les objections, qui sont sérieuses et documentées.

L'allocation initiale excessive est la plus solide : distribuer trop de quotas gratuits a longtemps maintenu un prix trop bas pour déclencher des investissements. Les réformes successives, notamment la réserve de stabilité, ont corrigé une partie du problème.

Les fuites de carbone constituent la deuxième : un coût imposé aux seuls producteurs d'une zone peut déplacer la production ailleurs sans réduire les émissions mondiales. C'est précisément ce que le mécanisme d'ajustement aux frontières cherche à traiter.

La qualité des crédits volontaires est la critique la plus vive, et elle porte : plusieurs enquêtes ont montré que des projets vendaient des réductions qui auraient eu lieu de toute façon, ou dont la permanence n'était pas assurée. Cette question est développée dans l'article consacré à la séquestration carbone.

Enfin, une objection de principe soutient que marchandiser une pollution revient à en autoriser la poursuite. Les défenseurs du dispositif répondent que le plafond, et non le prix, détermine le volume total, et que le marché ne fait qu'en répartir l'effort au moindre coût. Le débat reste ouvert, et il porte moins sur l'outil que sur l'ambition du plafond retenu.

Marché carbone et Qileo

Répondre à un donneur d'ordre sur ses émissions suppose de savoir ce que l'entreprise achète, à qui, et en quelle quantité : cette information se trouve d'abord dans les dépenses.

Chez Qileo, les opérations sont catégorisées au fil de l'eau et les justificatifs se rattachent directement aux mouvements du compte, ce qui rend les postes d'achat identifiables sans reconstitution, première étape de tout calcul d'empreinte.

L'empreinte carbone associée à l'activité est suivie, ce qui donne un ordre de grandeur et fait apparaître les postes dominants plutôt qu'un chiffre global sans prise.

L'ensemble des comptes professionnels se consulte sur une vue unique, et les cartes physiques comme virtuelles sont plafonnables, avec des droits réglés par membre de l'équipe.

Le compte est ouvert avec un IBAN français, et les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées : la trésorerie laissée en compte est elle aussi un choix d'affectation, rarement examiné dans les démarches de réduction.