Glossaire

Amortissement

L'amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d'une immobilisation, du fait de son usage ou du temps, répartie sur sa durée d'utilisation prévue.

Il se traduit chaque année par une charge qui diminue le résultat imposable sans donner lieu au moindre décaissement. Un terrain, qui ne se déprécie pas par l'usage, ne s'amortit jamais.

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Karim
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Une entreprise achète une camionnette. Elle sort l'argent en une fois, mais le véhicule servira sept ans. Faire peser tout le coût sur l'exercice de l'achat donnerait une année artificiellement mauvaise suivie de six années artificiellement bonnes. La comptabilité résout ce décalage par un mécanisme simple dans son principe et riche en conséquences : l'amortissement répartit la dépense sur la durée pendant laquelle le bien rend service.

Qu'est-ce que l'amortissement ?

L'amortissement est la constatation comptable de la perte de valeur d'une immobilisation, du fait de son usage ou du temps, répartie sur sa durée d'utilisation prévue.

Il se traduit chaque année par une charge, appelée dotation, qui diminue le résultat sans donner lieu au moindre décaissement. L'argent est sorti une fois, à l'achat ; la charge, elle, revient chaque exercice. C'est pour cette raison qu'une entreprise peut afficher un résultat faible et une trésorerie confortable.

Deux conditions doivent être réunies pour qu'un bien s'amortisse. Il doit être une immobilisation, c'est-à-dire destiné à servir durablement plutôt qu'à être consommé ou revendu. Et sa valeur doit se déprécier avec le temps ou l'usage. Un terrain, qui ne se déprécie pas par l'usage, ne s'amortit jamais ; un fonds de commerce non plus, sauf exception.

Les petits achats échappent à cette mécanique : en dessous d'un seuil de faible valeur fixé par l'administration, un bien durable peut être passé directement en charge, ce qui évite de suivre un tableau d'amortissement pour une chaise de bureau.

Les méthodes et les durées

L'amortissement linéaire est la règle. Le coût du bien est divisé par sa durée d'utilisation, et la même dotation revient chaque année. La première annuité est réduite au prorata du temps écoulé depuis la mise en service, pas depuis l'achat.

L'amortissement dégressif est une faculté fiscale ouverte à certains matériels, notamment industriels et informatiques. Il concentre les dotations sur les premières années, par application d'un coefficient au taux linéaire. L'intérêt est de réduire l'impôt plus tôt ; le total amorti reste identique.

L'amortissement par unités d'oeuvre répartit la dépréciation selon l'usage réel : heures de fonctionnement, kilomètres, pièces produites. Il est le plus fidèle économiquement et le moins répandu, parce qu'il suppose de mesurer.

Quant aux durées, elles correspondent à la durée réelle d'utilisation prévue par l'entreprise. L'administration admet toutefois les durées d'usage professionnelles, plus courtes, pour les petites entreprises : quelques années pour du matériel informatique, davantage pour un véhicule ou un agencement, plusieurs décennies pour une construction. Une durée manifestement décalée par rapport à l'usage réel se discute en contrôle.

Un point technique mérite d'être connu : un immeuble ne s'amortit pas d'un bloc mais par composants, la structure, la toiture, les installations techniques et les agencements ayant des durées de vie très différentes.

Questions fréquentes

Quelle différence avec une provision ?
L'amortissement constate une dépréciation certaine et irréversible, liée à l'usage. Une dépréciation ou une provision anticipe une perte probable mais incertaine, et peut être reprise si elle ne se réalise pas.

Un bien totalement amorti doit-il être sorti du bilan ?
Non tant qu'il est utilisé. Il figure à l'actif pour sa valeur d'origine, compensée par un amortissement de même montant, donc pour une valeur nette nulle. Il ne sort qu'à la cession ou à la mise au rebut.

Que se passe-t-il à la revente ?
La différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable constitue une plus-value ou une moins-value. Un bien largement amorti revendu à bon prix génère mécaniquement une plus-value imposable, ce qui surprend souvent.

Un micro-entrepreneur amortit-il ?
Non. L'abattement forfaitaire est réputé couvrir toutes les charges, y compris l'usure du matériel. C'est l'une des raisons pour lesquelles le régime micro convient mal à une activité qui investit.

Amortissement comptable et amortissement fiscal

Les deux notions se recouvrent le plus souvent, et divergent dans quelques cas qu'il vaut mieux connaître.

L'amortissement comptable traduit la réalité économique : il répartit le coût du bien sur sa durée réelle d'utilisation par l'entreprise. C'est la règle du plan comptable.

L'amortissement fiscal obéit à une logique différente : il fixe ce que l'administration accepte de laisser déduire. Il impose notamment un minimum, l'entreprise devant avoir pratiqué au moins l'amortissement linéaire cumulé à la clôture de chaque exercice, sous peine de perdre définitivement la fraction non constatée.

Deux écarts sont fréquents. Le premier tient aux plafonds de déduction sur les véhicules de tourisme, limités selon les émissions du véhicule : la part au-delà du plafond s'amortit comptablement mais se réintègre fiscalement. Le second vient des durées : une durée d'utilisation plus longue que la durée d'usage admise crée un décalage.

Lorsque l'entreprise pratique le dégressif, autorisé fiscalement mais non justifié économiquement, l'écart se loge dans un compte particulier au passif, les amortissements dérogatoires, qui se résorbe au fil des exercices.

Ces mécanismes relèvent de l'expert-comptable, mais leur existence explique pourquoi le résultat comptable et le résultat fiscal d'une même entreprise ne coïncident pas.

Ce que le mécanisme change pour le dirigeant

Au-delà de la technique, l'amortissement produit trois effets qu'il vaut mieux avoir en tête.

Il creuse l'écart entre résultat et trésorerie. Une entreprise qui a beaucoup investi affiche un résultat diminué par des dotations qui ne coûtent rien ce mois-ci. Lire le résultat sans regarder la capacité d'autofinancement, qui le corrige de ces charges sans décaissement, conduit à des conclusions fausses dans les deux sens.

Il structure la décision d'achat. Arbitrer entre acheter et louer, c'est arbitrer entre une immobilisation amortie sur plusieurs années et une charge immédiate. Le premier choix étale l'avantage fiscal, le second le concentre. Aucun des deux n'est meilleur dans l'absolu : tout dépend de l'horizon et du résultat attendu.

Il suppose une discipline de suivi. Un tableau d'amortissement à jour exige de signaler les biens cédés, volés ou mis au rebut. Une entreprise qui continue d'amortir du matériel disparu fausse son bilan et s'expose à une régularisation de la taxe déduite lors de l'achat.

Le bon réflexe est simple : au moment de chaque achat durable, conserver la facture avec la date de mise en service, et prévenir le comptable des sorties au moment où elles se produisent plutôt qu'à la clôture.

Amortissement et Qileo

Un amortissement commence toujours par une facture d'achat, et se défend en contrôle par cette même facture, des années après.

Chez Qileo, les justificatifs se rattachent directement aux opérations du compte. La facture d'un matériel reste associée au paiement qui l'a réglé, ce qui évite de la chercher au moment d'établir ou de justifier un tableau d'amortissement.

Les dépenses sont catégorisées au fil de l'eau, ce qui rend visible la distinction entre un achat courant et un investissement durable au moment où il est engagé, c'est-à-dire quand quelqu'un sait encore de quoi il s'agit. L'ensemble des comptes se consulte au même endroit, et un accès en lecture peut être ouvert au cabinet comptable.

Le compte est ouvert avec un IBAN français, et les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées.