Glossaire

Urgence climatique

L'urgence climatique désigne la reconnaissance officielle, par des institutions ou des gouvernements, de la gravité et du caractère pressant du changement climatique, appelant à une action immédiate et renforcée.

Cette déclaration symbolique vise à mobiliser les décideurs et l'opinion publique autour d'objectifs de réduction des émissions plus ambitieux.

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Des milliers de collectivités, des parlements nationaux, le Parlement européen : tous ont adopté, à partir de la fin des années deux mille dix, un texte portant le même intitulé. Aucun de ces textes ne crée d'obligation directe, aucun ne fixe de sanction. On pourrait en conclure que l'urgence climatique n'est qu'un mot d'ordre. Ce serait passer à côté de ce que ces déclarations ont réellement produit, y compris pour des entreprises qui n'en ont jamais entendu parler.

Qu'est-ce que l'urgence climatique ?

L'urgence climatique désigne la reconnaissance officielle, par des institutions ou des gouvernements, de la gravité et du caractère pressant du changement climatique, appelant à une action immédiate et renforcée.

Le terme recouvre deux réalités distinctes qu'il vaut mieux séparer.

La première est scientifique. Elle renvoie au constat, établi par les travaux du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, que la trajectoire actuelle des émissions conduit à un réchauffement très supérieur aux objectifs de l'accord de Paris, et que les marges de manoeuvre se réduisent à mesure que les années passent. Ce constat ne dépend d'aucune déclaration.

La seconde est politique. C'est l'acte par lequel une assemblée reconnaît formellement ce constat et s'engage à en tirer des conséquences. Cette déclaration symbolique vise à mobiliser les décideurs et l'opinion publique autour d'objectifs de réduction des émissions plus ambitieux.

Le mouvement a commencé au niveau local, porté par des villes, avant d'être repris par des parlements nationaux puis par le Parlement européen. Sa portée juridique est en principe nulle ; sa portée pratique s'est révélée plus grande que prévu.

Ce qu'une déclaration produit réellement

Une déclaration sans force obligatoire peut néanmoins avoir des effets, par trois canaux.

Elle sert de fondement à des politiques concrètes. Une collectivité qui adopte un tel texte l'accompagne le plus souvent d'un plan : rénovation des bâtiments publics, critères climatiques dans les marchés publics, zones à faibles émissions, aide à la mobilité. Ces mesures, elles, s'imposent aux entreprises qui travaillent sur le territoire ou répondent aux appels d'offres.

Elle nourrit le contentieux climatique. Les recours engagés contre des États ou des entreprises pour insuffisance de l'action climatique s'appuient régulièrement sur les engagements publics pris par les institutions concernées. Une déclaration devient alors un élément de preuve du décalage entre ce qui a été annoncé et ce qui a été fait.

Elle déplace la charge de la justification. Dans un environnement où l'urgence climatique est officiellement reconnue, ce n'est plus l'action qui doit s'expliquer, mais l'inaction. Ce déplacement se retrouve dans les attentes des clients, des salariés, des financeurs et des assureurs.

La critique la plus fréquente porte sur le risque inverse : une déclaration non suivie d'effets devient un exercice de communication, et finit par dévaluer la parole publique. Le reproche est fondé, et c'est exactement la raison pour laquelle le décalage entre annonce et résultats fait aujourd'hui l'objet d'une attention croissante, y compris judiciaire.

Questions fréquentes

Une déclaration d'urgence climatique crée-t-elle des obligations pour les entreprises ?
Pas directement. Les obligations viennent des textes qui suivent : réglementation sectorielle, exigences de reporting, critères d'accès aux marchés publics, conditions posées par les financeurs.

Quelle différence avec la neutralité carbone ?
L'urgence climatique qualifie une situation et appelle à agir. La neutralité carbone est un objectif chiffré et daté, qui suppose de réduire les émissions et de compenser le résidu par de la séquestration.

Le terme est-il contesté ?
Sa pertinence scientifique fait l'objet d'un large consensus. C'est son usage politique qui est discuté, certains y voyant un levier de mobilisation, d'autres un mot d'ordre trop général pour orienter des décisions précises.

Une petite entreprise est-elle concernée ?
Indirectement mais réellement, par ses clients grands comptes qui lui demandent ses données d'émissions, par les critères des appels d'offres, par le coût de l'énergie et par les conditions de ses financements.

D'où vient le constat

La partie scientifique du sujet est plus solide et plus ancienne que le débat public ne le laisse croire.

Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ne produit pas de recherche propre : il synthétise l'état des travaux publiés, par cycles de plusieurs années, avec une procédure de validation ligne à ligne par les États. Cette procédure explique la prudence de ses formulations, et donne un poids particulier aux conclusions qui en sortent malgré elle.

Deux résultats structurent le constat. Le premier est la relation quasi linéaire entre le total cumulé des émissions et le réchauffement observé, qui permet de raisonner en budget carbone restant plutôt qu'en date. Le second est l'irréversibilité à l'échelle humaine de la plupart des changements engagés, une fois le carbone émis.

C'est cette combinaison qui justifie le vocabulaire de l'urgence : ce n'est pas la gravité seule, c'est le fait que chaque année d'inaction réduit les options disponibles de façon non rattrapable.

Le débat légitime porte ailleurs : sur la répartition de l'effort, le rythme, les instruments et les coûts. Confondre ce débat avec une contestation du constat physique brouille les deux.

Ce que cela change concrètement pour une entreprise

Le mot est abstrait, ses conséquences opérationnelles ne le sont pas. Quatre mouvements touchent déjà les petites structures.

La demande de données. Une entreprise qui fournit un grand donneur d'ordre se voit demander ses émissions, parfois par produit ou par prestation. Ces données entrent dans le bilan de son client, qui doit lui-même les publier. Ne pas savoir répondre devient un handicap commercial avant d'être un problème réglementaire.

Les conditions de financement. Les établissements financiers intègrent progressivement des critères climatiques dans leur analyse, et proposent des financements dont les conditions dépendent d'objectifs atteints. La question n'est plus réservée aux grandes entreprises.

Les marchés publics. Les critères environnementaux y prennent une place croissante, et la commande publique représente une part importante du chiffre d'affaires de nombreuses petites entreprises.

Les salariés. Le sujet compte dans le choix d'un employeur, particulièrement chez les jeunes diplômés. Il est devenu un élément de la marque employeur, pas seulement un affichage.

La réponse proportionnée, pour une petite structure, tient en trois gestes : savoir d'où viennent ses émissions principales, généralement l'énergie, les déplacements et les achats ; agir d'abord sur le poste le plus lourd plutôt que de tout mesurer ; et documenter ce que l'on fait, parce que c'est ce qui sera demandé. Annoncer plus que ce que l'on fait expose désormais à un risque réel, celui d'être accusé de communication trompeuse.

Urgence climatique et Qileo

La question posée à une entreprise n'est plus seulement ce qu'elle émet, mais aussi ce que fait son argent quand il dort.

Les dépôts d'une entreprise ne restent pas immobiles : ils sont employés par l'établissement qui les reçoit, et cet emploi finance des activités. Chez Qileo, les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées. C'est un choix d'affectation, distinct de la performance opérationnelle de l'entreprise cliente.

L'empreinte carbone est par ailleurs suivie, ce qui donne un premier repère chiffré à une structure qui n'a jamais mesuré quoi que ce soit, et qui doit commencer quelque part.

Le compte est ouvert avec un IBAN français, les opérations sont catégorisées au fil de l'eau et les justificatifs restent rattachés aux opérations, ce qui facilite l'identification des postes de dépense les plus émetteurs.