Glossaire

Séquestration carbone

La séquestration carbone est le processus de captage et de stockage durable du carbone atmosphérique, réalisé notamment par les forêts, les sols ou des technologies de captage industriel.

Elle constitue, aux côtés de la réduction des émissions, l'un des deux leviers essentiels pour atteindre la neutralité carbone à l'échelle mondiale.

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Karim
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Une entreprise qui a réduit tout ce qu'elle pouvait réduire se retrouve devant un résidu d'émissions qu'aucun effort raisonnable ne supprimera. Pour que le compte tombe à zéro à l'échelle mondiale, il faut donc retirer de l'atmosphère un volume équivalent. C'est l'objet de la séquestration carbone, et c'est aussi le terrain de la confusion la plus répandue en matière climatique : réduire et retirer ne sont pas interchangeables.

Qu'est-ce que la séquestration carbone ?

La séquestration carbone est le processus de captage et de stockage durable du carbone atmosphérique, réalisé notamment par les forêts, les sols ou des technologies de captage industriel.

Elle constitue, aux côtés de la réduction des émissions, l'un des deux leviers essentiels pour atteindre la neutralité carbone à l'échelle mondiale. La neutralité n'est pas un état où plus rien n'est émis : c'est un équilibre entre ce qui est émis et ce qui est retiré.

Deux familles de mécanismes coexistent. Les puits naturels reposent sur la photosynthèse et sur les processus biologiques des sols : forêts, prairies, zones humides, océans. Les technologies de captage, elles, extraient le dioxyde de carbone soit à la sortie d'une installation industrielle, soit directement dans l'air ambiant, pour l'injecter ensuite dans des formations géologiques profondes.

Un critère les départage tous : la durabilité du stockage. Un carbone retiré puis relâché quelques années plus tard n'a rien séquestré. C'est la question centrale, et la plus difficile.

Ce qui distingue les différents puits

La forêt est le puits le plus connu et le plus fragile. Un arbre stocke du carbone pendant sa croissance, mais un incendie, une tempête, une attaque parasitaire ou une coupe restituent ce stock en quelques jours. Les épisodes récents ont montré que des massifs entiers pouvaient basculer de puits à source. La durée de stockage dépend aussi de l'usage du bois : une charpente conserve le carbone pendant des décennies, du bois de chauffage le relâche immédiatement.

Les sols constituent un réservoir considérable, souvent sous-estimé. Les pratiques agricoles qui augmentent la matière organique, couverts végétaux, réduction du travail du sol, haies, agroforesterie, reconstituent ce stock. Il est vulnérable de la même façon : un changement de pratique peut le libérer.

Les zones humides et les milieux côtiers stockent des quantités importantes par unité de surface, et leur destruction libère un carbone accumulé sur des siècles.

Le captage industriel offre en principe un stockage géologique de très longue durée. Il se heurte à trois limites : un coût par tonne très supérieur à la plupart des mesures de réduction, une consommation d'énergie propre au procédé, et des volumes déployés qui restent sans commune mesure avec les émissions mondiales.

La comparaison honnête tient en une phrase : les puits naturels sont abondants et réversibles, le stockage géologique est durable et rare.

Questions fréquentes

Quelle différence avec la compensation carbone ?
La séquestration est un phénomène physique. La compensation est un mécanisme financier : acheter des crédits correspondant à des tonnes évitées ou retirées ailleurs. Une compensation peut reposer sur de la séquestration réelle, ou sur des émissions simplement évitées, ce qui n'est pas la même chose.

Peut-on se déclarer neutre en carbone grâce à des crédits ?
C'est de plus en plus contesté et de plus en plus encadré. Les règles européennes sur les allégations environnementales resserrent nettement les conditions d'un tel discours. Le vocabulaire prudent parle de contribution à la neutralité mondiale, pas de neutralité de l'entreprise.

Comment juger la qualité d'un projet de séquestration ?
Quatre critères font consensus : l'additionnalité, c'est-à-dire le fait que le projet n'aurait pas eu lieu sans ce financement ; la permanence du stockage ; l'absence de fuite, quand l'activité déplacée réapparaît ailleurs ; et une vérification par un tiers indépendant.

Une petite entreprise doit-elle s'y intéresser ?
Après avoir réduit, oui, et avec prudence. Financer un projet de séquestration en France, par exemple via les dispositifs labellisés par l'État, est un engagement défendable. Le présenter comme une annulation de ses propres émissions ne l'est pas.

Ce que le marché du carbone en a fait

La séquestration a donné naissance à un marché, et ce marché a connu une crise de confiance dont il faut connaître les termes.

Le principe est simple : un porteur de projet fait certifier que son action retire ou évite des émissions, et vend des crédits correspondants à des acheteurs. Deux marchés coexistent, celui des quotas réglementés, réservé aux secteurs soumis à un plafond d'émissions, et le marché volontaire, ouvert à toutes les entreprises.

C'est le second qui a été contesté. Des enquêtes journalistiques et des travaux académiques ont montré que des volumes importants de crédits, notamment forestiers, reposaient sur des scénarios de référence surestimés : la déforestation évitée annoncée n'aurait pas eu lieu de toute façon. Les prix se sont effondrés et plusieurs entreprises ont renoncé à communiquer sur ces achats.

La réaction a pris deux formes. D'un côté, un durcissement des référentiels de certification et l'émergence de labels publics, dont un label français qui certifie des projets sur le territoire national avec une méthodologie validée par l'État. De l'autre, un encadrement européen des allégations environnementales, qui restreint sévèrement ce qu'une entreprise peut affirmer sur la base de crédits achetés.

Pour une petite structure, la position prudente consiste à financer un projet identifiable, de préférence local et labellisé, et à le présenter comme une contribution, jamais comme une annulation.

La hiérarchie à respecter

La communauté scientifique et les référentiels sérieux s'accordent sur un ordre que l'argument commercial tend à renverser.

La réduction vient d'abord, et de très loin. Une tonne non émise est certaine, définitive et généralement moins coûteuse qu'une tonne retirée. Aucun volume de séquestration disponible aujourd'hui ne permet d'absorber les émissions actuelles : le raisonnement qui consisterait à continuer d'émettre en comptant sur un retrait futur ne tient pas à l'échelle globale.

La séquestration intervient ensuite, sur le résidu incompressible, et son rôle est appelé à croître à mesure que les réductions faciles seront épuisées.

Le renversement de cet ordre porte un nom, et il est désormais sanctionné. Présenter un produit ou une entreprise comme neutre sur la seule base de crédits achetés, sans trajectoire de réduction, expose à des actions pour pratique commerciale trompeuse. Plusieurs décisions récentes ont marqué ce durcissement, et la réglementation européenne va dans le même sens.

Pour une entreprise, la position tenable est simple à formuler. Dire ce que l'on émet, dire de combien on l'a réduit et par quels moyens, dire ce que l'on finance en complément, et ne pas soustraire le second du premier dans la communication. C'est moins spectaculaire et infiniment plus solide.

Séquestration carbone et Qileo

Avant de financer un retrait de carbone, une entreprise gagne à regarder ce que son propre argent finance au quotidien.

Les dépôts ne restent pas inertes : ils sont employés par l'établissement qui les reçoit. Chez Qileo, les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées. C'est une décision d'affectation, effective sans démarche de la part de l'entreprise cliente, et indépendante de tout achat de crédits.

L'empreinte carbone est par ailleurs suivie, ce qui donne le point de départ de toute trajectoire : savoir d'où l'on part avant de parler de ce que l'on retire.

Les opérations sont catégorisées au fil de l'eau et les justificatifs restent rattachés aux opérations, ce qui permet d'identifier les postes de dépense les plus émetteurs plutôt que de raisonner sur des moyennes sectorielles. Le compte est ouvert avec un IBAN français.