Science Based Target Initiative (SBTi)
La Science Based Target Initiative (SBTi) est une initiative internationale, lancée en 2015, qui aide les entreprises à définir des objectifs de réduction d'émissions alignés sur la science climatique et sur l'Accord de Paris.
Elle valide les trajectoires de réduction proposées par les entreprises, couvrant l'ensemble de leurs scopes d'émissions, et constitue aujourd'hui un standard de référence largement reconnu.
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Une entreprise qui annonce vouloir réduire ses émissions se heurte vite à une question embarrassante : de combien, et par rapport à quoi. Choisir soi-même son objectif revient à noter sa propre copie. La Science Based Target Initiative propose l'inverse : une méthode qui déduit l'objectif de la trajectoire climatique mondiale, et un tiers qui vérifie le calcul. C'est cette validation externe qui explique son adoption, et aussi les critiques dont elle fait l'objet.
Qu'est-ce que la Science Based Target Initiative ?
La Science Based Target Initiative, ou SBTi, est une initiative internationale, lancée au milieu des années deux mille dix, qui aide les entreprises à définir des objectifs de réduction d'émissions alignés sur la science climatique et sur l'accord de Paris.
Elle valide les trajectoires de réduction proposées par les entreprises, couvrant l'ensemble de leurs scopes d'émissions, et constitue aujourd'hui un standard de référence largement reconnu.
Le principe tient en une inversion. Une entreprise ne part pas de ce qu'elle pense pouvoir faire pour en déduire un objectif ; elle part du budget carbone mondial compatible avec la limitation du réchauffement, en déduit l'effort à répartir, et en tire sa propre trajectoire. L'objectif devient une conséquence de la physique plutôt qu'une ambition négociée.
L'initiative est portée par une coalition d'organisations internationales et d'organisations non gouvernementales. Elle publie des méthodes sectorielles, examine les dossiers déposés et valide, ou non, les objectifs soumis.
Comment fonctionne la démarche
Le parcours d'une entreprise se déroule en cinq temps, et s'étale généralement sur un à deux ans.
L'engagement. L'entreprise déclare son intention de fixer des objectifs validés et dispose d'un délai pour les soumettre. Elle apparaît dès ce stade sur la liste publique, avec le statut correspondant.
L'inventaire. Elle établit son bilan d'émissions sur les trois périmètres : les émissions directes de ses installations et véhicules, les émissions liées à l'énergie qu'elle achète, et celles de sa chaîne de valeur, en amont comme en aval. Ce dernier périmètre représente, pour la plupart des activités, l'essentiel du total, et c'est aussi le plus difficile à mesurer.
La construction de la trajectoire. Deux approches coexistent. La première applique un taux de réduction annuel uniforme, dérivé de la trajectoire mondiale. La seconde répartit un budget sectoriel en fonction de l'intensité d'activité, ce qui convient aux secteurs très émetteurs disposant d'une méthode dédiée.
La validation. L'initiative examine le dossier, vérifie la complétude du périmètre, la cohérence de l'année de référence et l'ambition de la trajectoire, puis publie ou refuse.
Le suivi. L'entreprise publie annuellement ses émissions et son avancement, et révise ses objectifs à intervalles réguliers.
Un point structure l'ensemble : les objectifs portent sur des réductions réelles. La compensation par achat de crédits n'est pas comptée dans la trajectoire.
Questions fréquentes
Est-ce obligatoire ?
Non, la démarche est volontaire. Elle devient de fait contraignante pour les fournisseurs de grands donneurs d'ordre qui, eux, ont pris un tel engagement et doivent réduire les émissions de leur chaîne de valeur.
Une petite entreprise peut-elle y prétendre ?
Oui, par une procédure simplifiée conçue pour les structures de taille modeste, avec des exigences allégées sur le périmètre le plus large. C'est la voie d'entrée la plus réaliste pour une entreprise de quelques dizaines de personnes.
Quel coût et quel délai ?
Des frais de dossier s'appliquent, variables selon la taille, auxquels s'ajoute le coût du bilan d'émissions et de l'accompagnement éventuel. Le délai courant entre l'engagement et la validation se compte en mois, parfois davantage.
Que se passe-t-il si l'objectif n'est pas tenu ?
Il n'existe pas de sanction au sens juridique. L'entreprise peut voir son statut modifié ou retiré de la liste publique, ce qui produit un effet de réputation et peut affecter des relations commerciales.
Les critiques, et ce qu'elles valent
La démarche fait l'objet de contestations sérieuses, et les connaître évite d'en faire un label incontestable.
Le traitement des émissions de la chaîne de valeur. C'est le périmètre le plus lourd et le plus incertain. Sa mesure repose largement sur des facteurs d'émission moyens, et deux entreprises identiques peuvent afficher des inventaires sensiblement différents selon les bases de données retenues. Les exigences ont été renforcées, le problème méthodologique demeure.
La gouvernance. L'initiative a connu des tensions internes, notamment sur la place à accorder aux crédits carbone dans les objectifs portant sur la chaîne de valeur. Ces débats ont été publics et ont fragilisé sa lisibilité.
Le délai et le coût. Les files d'attente de validation se sont allongées avec le succès de la démarche, et l'ensemble reste exigeant pour une structure sans fonction dédiée.
L'effet d'affichage. Un engagement pris ne vaut pas une réduction réalisée. Plusieurs travaux ont montré des écarts entre les trajectoires validées et les réductions effectivement constatées, et l'initiative a durci le traitement des entreprises restées au stade de l'intention.
Ces critiques ne disqualifient pas la méthode. Elles invitent à la lire pour ce qu'elle est : un cadre commun et vérifié par un tiers, nettement préférable à un objectif auto-déclaré, et qui ne dispense pas de regarder les résultats annuels plutôt que l'annonce initiale.
Ce qu'une petite entreprise en retire, même sans s'engager
La méthode est plus utile que le label pour une structure de quelques personnes, et elle s'emprunte sans dossier ni frais.
Le premier apport est l'ordre des opérations : mesurer avant d'annoncer. Un inventaire même grossier, construit à partir des factures d'énergie, des kilomètres parcourus et des principaux achats, révèle presque toujours que le poste dominant n'est pas celui que l'on croyait.
Le deuxième est la notion de trajectoire. Un objectif daté, avec une année de référence et un rythme annuel, se pilote ; une intention générale ne se pilote pas. Écrire une trajectoire à cinq ans, même modeste, suffit à transformer le sujet en tableau de bord.
Le troisième est la primauté de la réduction sur la compensation. C'est la règle qui protège le mieux du reproche de communication trompeuse, désormais sanctionné.
Le quatrième est commercial. Les demandes de données émanant de grands clients se multiplient, et les questionnaires reprennent le vocabulaire de cette méthode : périmètres, année de référence, intensité. Savoir y répondre devient un argument, et ne pas savoir un handicap silencieux.
Pour beaucoup d'entreprises, la séquence raisonnable consiste donc à adopter la méthode d'abord, et à envisager la validation formelle plus tard, lorsqu'un client la demande explicitement.
Science Based Target Initiative et Qileo
Toute trajectoire commence par un inventaire, et tout inventaire commence par des dépenses correctement identifiées.
Chez Qileo, les opérations sont catégorisées au fil de l'eau : énergie, carburant, déplacements, achats et sous-traitance se distinguent sans reconstitution, ce qui fournit la matière première d'un premier bilan d'émissions par approche monétaire.
L'empreinte carbone est suivie, ce qui donne un point de départ chiffré à une structure qui n'a jamais rien mesuré. Les justificatifs restent rattachés aux opérations, utiles lorsqu'un client demande des pièces à l'appui des données transmises.
L'ensemble des comptes se consulte sur une vue unique, et un accès en lecture peut être ouvert au cabinet comptable. Le compte est ouvert avec un IBAN français, et les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées, ce qui relève du même sujet : les émissions financées par les dépôts ne figurent dans aucun inventaire d'entreprise, mais elles existent.