Glossaire

SASU

La SASU est une société par actions simplifiée ne comptant qu'un seul associé, qui conserve la souplesse statutaire de la SAS et limite sa responsabilité au montant de ses apports.

Son président, qu'il soit ou non l'associé unique, relève du régime des assimilés salariés. Elle est soumise à l'impôt sur les sociétés, avec option temporaire possible pour l'impôt sur le revenu.

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Karim
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Créer une société seul paraissait autrefois contradictoire. C'est aujourd'hui l'une des configurations les plus courantes, et la SASU en est la forme la plus choisie. Un associé, un président qui est souvent la même personne, une structure dotée de sa propre personnalité juridique. L'intérêt ne tient pas seulement à la protection du patrimoine : il tient à ce que la SASU permet de piloter, année après année, la part de revenu qu'on se verse en rémunération et celle qu'on laisse dans la société. C'est cette latitude, plus que la forme elle-même, qui explique son succès chez les indépendants installés.

Qu'est-ce qu'une SASU ?

La SASU est une société par actions simplifiée ne comptant qu'un seul associé. Ce n'est pas une forme juridique distincte de la SAS mais la même forme, appliquée à un associé unique.

Cet associé peut être une personne physique ou une personne morale. Il détient la totalité des actions et exerce seul les pouvoirs normalement dévolus à la collectivité des associés.

La société est dirigée par un président, qui peut être l'associé unique lui-même, un tiers, ou une autre société. Sa responsabilité en tant qu'associé est limitée au montant de ses apports, sauf caution personnelle ou faute de gestion.

Le passage de la SASU à la SAS ne demande aucune transformation : l'entrée d'un second associé au capital suffit à faire changer la société de dénomination, sans modifier sa nature ni sa continuité juridique.

Un fonctionnement allégé mais réel

L'associé unique bénéficie de simplifications que la SAS pluripersonnelle ne connaît pas. Il n'y a pas d'assemblée à convoquer : ses décisions sont consignées dans un registre, et certaines formalités d'approbation des comptes sont réduites lorsqu'il est également président.

Les obligations de fond demeurent néanmoins entières. La SASU tient une comptabilité complète, établit des comptes annuels, les dépose au greffe, et supporte l'impôt sur les sociétés sur son résultat. Ce n'est pas un régime simplifié au sens du régime micro : c'est une société ordinaire avec un associé.

Les statuts conservent toute leur importance, même sans second associé à convaincre. Ils fixent l'objet social, les pouvoirs du président, les conditions de sa révocation et les règles qui s'appliqueront le jour où quelqu'un d'autre entrera au capital. Des statuts rédigés à la hâte se paient au moment précis où la société cesse d'être unipersonnelle.

Un point technique mérite attention : le président et l'associé unique étant souvent la même personne, les conventions passées entre elle et la société suivent une procédure de contrôle allégée mais non supprimée, et doivent être mentionnées au registre.

Rémunération, dividendes et protection sociale

C'est le coeur du sujet pour un indépendant qui s'installe.

Le président d'une SASU est assimilé salarié. Sa rémunération supporte les cotisations du régime général, à l'exception de l'assurance chômage, à laquelle il ne cotise pas. En contrepartie, il bénéficie d'une couverture maladie et d'une retraite complémentaire comparables à celles d'un cadre.

Les dividendes, eux, ne supportent pas de cotisations sociales : ils relèvent de l'imposition des revenus de capitaux mobiliers et des prélèvements sociaux. C'est la différence structurante avec l'EURL, où les dividendes du gérant associé unique sont partiellement réintégrés dans l'assiette des cotisations.

Trois conséquences pratiques en découlent. Une année sans rémunération est une année sans cotisation, donc sans couverture ni trimestre validé, ce qui peut être un choix assumé mais jamais un oubli. Un président qui perçoit des allocations chômage peut, sous conditions, les maintenir en ne se versant pas de rémunération, ce qui explique une part des SASU créées à la sortie d'un emploi. Et l'arbitrage entre rémunération et dividendes se révise chaque année, ce que ne permet aucune forme d'entreprise individuelle.

Questions fréquentes

Quel capital faut-il pour créer une SASU ?
Un euro suffit légalement. Un montant crédible reste utile face à une banque ou à un bailleur, et il constitue une réserve de trésorerie plutôt qu'une somme immobilisée.

Peut-on cumuler SASU et micro-entreprise ?
Oui, sur des activités distinctes, à condition que la séparation soit réelle et non un moyen de fractionner artificiellement une même activité.

Que se passe-t-il si un second associé entre ?
La société devient une SAS. Les statuts doivent être adaptés, mais la personne morale et son numéro d'identification restent les mêmes.

Une SASU doit-elle un commissaire aux comptes ?
Seulement au-delà de certains seuils ou dans des situations de contrôle de société. La plupart n'y sont pas tenues.

SASU ou EURL : les trois critères qui tranchent

Les deux formes protègent le patrimoine de la même manière et se créent avec un capital libre. Le choix se joue ailleurs.

Le coût des cotisations. L'EURL, dont le gérant associé unique est travailleur non salarié, coûte nettement moins cher à rémunération nette identique. Pour un indépendant qui se verse l'essentiel de ce que produit l'activité, l'écart est substantiel et se constate dès la première année.

La protection sociale. La SASU l'emporte, surtout sur les arrêts de travail et la retraite complémentaire. L'écart de cotisations finance en partie cette différence, et il reste possible de le combler en EURL par une prévoyance individuelle, qui coûte moins que la différence dans la plupart des cas.

Le traitement des dividendes. C'est le critère décisif pour une activité rentable dont le dirigeant n'a pas besoin de tout sortir. En SASU, les dividendes échappent aux cotisations sociales ; en EURL, la fraction dépassant un dixième du capital et des sommes en compte courant y est réintégrée.

La règle qui se dégage est empirique : l'EURL convient à qui se verse tout, la SASU à qui laisse une part du résultat dans la société ou qui tient à une couverture sociale solide. Le troisième terme, souvent oublié, est la trajectoire : si le projet doit accueillir des associés ou des investisseurs, la SASU y est prête sans transformation.

SASU et Qileo

Une SASU doit disposer d'un compte au nom de la société dès sa constitution, pour y déposer le capital puis y faire transiter l'activité. Qileo fournit ce compte avec un IBAN français, des cartes physiques et virtuelles plafonnables et une ouverture rapide, sans les frais d'un compte professionnel classique. Les encaissements et les dépenses sont catégorisés au fil de l'eau et les justificatifs restent attachés aux opérations, ce qui allège la remise de pièces à l'expert-comptable à chaque clôture. Et les fonds déposés ne financent ni les énergies fossiles ni les industries controversées.