Glossaire

Puits de carbone

Un puits de carbone est un réservoir naturel ou artificiel qui absorbe et stocke plus de carbone qu'il n'en émet, comme les forêts, les sols ou les océans.

Le renforcement de ces puits, aux côtés de la réduction des émissions, constitue l'un des deux leviers essentiels pour atteindre la neutralité carbone.

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Karim
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La France émet chaque année du carbone, et elle en absorbe une partie par ses forêts et ses sols. La différence entre les deux donne son bilan net, et c'est sur ce net que portent tous les objectifs climatiques. Or la partie absorbée s'est fortement dégradée ces dernières années, sous l'effet des sécheresses, des incendies et des attaques parasitaires. Le puits de carbone cesse ainsi d'être une ligne d'arrière-plan pour devenir la variable qui décide de la trajectoire.

Qu'est-ce qu'un puits de carbone ?

Un puits de carbone est un réservoir naturel ou artificiel qui absorbe et stocke plus de carbone qu'il n'en émet, comme les forêts, les sols ou les océans.

Le renforcement de ces puits, aux côtés de la réduction des émissions, constitue l'un des deux leviers essentiels pour atteindre la neutralité carbone.

La notion se distingue de celle de séquestration, avec laquelle elle est souvent confondue. La séquestration est le processus, le mécanisme par lequel du carbone est retiré de l'atmosphère et stocké. Le puits est le réservoir lui-même, considéré dans son bilan net : un même massif forestier est un puits tant qu'il absorbe plus qu'il ne relâche, et cesse de l'être dès que le solde s'inverse.

Ce caractère réversible est ce qui rend le sujet délicat. Un puits n'est pas un coffre-fort : c'est un équilibre, et cet équilibre peut basculer.

Un troisième terme circule, celui de source, qui désigne l'inverse : un réservoir qui relâche plus qu'il n'absorbe. Une forêt peut passer de puits à source en une saison.

Les grands réservoirs, et leur état

Les océans constituent le principal puits à l'échelle mondiale. Ils absorbent une part considérable du dioxyde de carbone émis, par dissolution et par l'activité biologique. Cette absorption a un coût : l'acidification de l'eau, qui affecte les organismes à squelette calcaire et donc l'ensemble de la chaîne alimentaire marine. Le puits fonctionne, mais il se dégrade en fonctionnant.

Les forêts stockent du carbone dans le bois, les branches, les racines et le sol forestier. C'est le puits le plus visible et le plus fragile : incendie, tempête, sécheresse prolongée, attaque de ravageurs peuvent relâcher en quelques jours ce qui a été accumulé pendant des décennies. Le puits forestier français s'est nettement affaibli, ce qui a conduit à revoir les trajectoires nationales.

Les sols constituent un réservoir considérable et discret, sous forme de matière organique. Les pratiques agricoles les affectent directement : le travail intensif du sol libère du carbone, les couverts végétaux, les haies et l'agroforesterie en reconstituent. Le stock est important mais lentement constitué et rapidement perdu.

Les milieux humides et côtiers stockent des quantités remarquables par unité de surface, et leur destruction libère un carbone accumulé sur des siècles.

Les puits technologiques, enfin, capturent le dioxyde de carbone à la sortie d'une installation ou directement dans l'air pour l'injecter dans des formations géologiques profondes. Le stockage y est durable, mais les volumes restent sans commune mesure avec les émissions, et le coût par tonne très supérieur à la plupart des mesures de réduction.

Questions fréquentes

Planter des arbres suffit-il ?
Non, pour trois raisons. Un arbre met des décennies à stocker une quantité significative, alors que les émissions sont immédiates. La surface disponible est limitée et en concurrence avec d'autres usages. Et le stockage est réversible. La plantation est utile, elle ne remplace pas la réduction.

Un puits peut-il devenir une source ?
Oui, et cela s'observe déjà. Une forêt dépérissante, un sol dégradé ou une tourbière drainée relâchent davantage qu'ils n'absorbent. C'est le scénario qui inquiète le plus les climatologues, parce qu'il amplifie le phénomène qui l'a provoqué.

Quelle différence avec un crédit carbone ?
Le puits est un phénomène physique. Le crédit est un instrument financier qui rémunère un projet censé retirer ou éviter des émissions. Un crédit peut correspondre à un puits réel, ou à des émissions simplement évitées, ce qui n'est pas la même chose.

Une entreprise peut-elle en créer un ?
Elle peut financer des projets de restauration ou de plantation, notamment via des dispositifs labellisés par l'État. Elle ne peut pas en déduire ses propres émissions : le vocabulaire prudent parle de contribution, pas de compensation.

Ce que l'affaiblissement des puits change

La conséquence est arithmétique et rarement expliquée. Les objectifs climatiques portent sur des émissions nettes, c'est-à-dire brutes moins absorptions. Si les absorptions diminuent, atteindre le même net suppose de réduire davantage les émissions brutes.

Trois effets en découlent pour les entreprises.

Un durcissement des exigences de réduction. Ce qui était présenté comme un objectif atteignable avec un effort modéré devient plus contraignant, et les révisions de trajectoires nationales se répercutent en réglementations sectorielles.

Une pression accrue sur la qualité des projets de compensation. Les crédits forestiers, longtemps abondants et bon marché, sont contestés précisément parce que la permanence du stockage n'est pas garantie. Les acheteurs se reportent sur des projets plus vérifiables et plus chers.

Un risque physique direct pour les filières qui dépendent de ces milieux : bois, agriculture, tourisme, pêche, et par ricochet l'assurance de ces activités.

La lecture utile pour un dirigeant est que l'affaiblissement des puits n'est pas un sujet lointain de politique publique : il modifie le niveau d'effort qui sera demandé, et il rend plus fragile la stratégie qui consistait à réduire un peu et à compenser le reste.

Ce qu'une entreprise peut faire, sans se raconter d'histoires

La hiérarchie est stable et vaut d'être rappelée : réduire d'abord, contribuer ensuite, ne jamais soustraire le second du premier dans la communication.

Réduire reste le levier dont l'effet est certain. Une tonne non émise est définitive ; une tonne stockée dans un puits peut être relâchée.

Éviter de dégrader est le geste le plus efficace et le moins coûteux, et il est rarement présenté comme tel. Préserver un sol, une haie, une zone humide existante coûte infiniment moins que tenter de reconstituer un puits détruit. Pour les entreprises dont l'activité affecte des milieux, agriculture, bâtiment, aménagement, c'est le premier sujet.

Contribuer par le financement de projets identifiables, de préférence locaux et labellisés, avec une vérification par un tiers. La position tenable consiste à dire ce que l'on finance, sans présenter cette contribution comme une annulation de ses émissions, ce qui expose désormais à un risque de mise en cause pour communication trompeuse.

Regarder ses achats, enfin : le bois utilisé, le papier, les produits agricoles ont un effet sur les puits bien plus important que la plupart des actions symboliques, et cet effet passe par les fournisseurs plutôt que par les gestes internes.

Puits de carbone et Qileo

Un puits est un réservoir dont l'équilibre dépend de ce que l'on finance. La question rejoint celle, plus proche, de l'emploi des dépôts d'une entreprise.

Les fonds déposés ne restent pas inertes : ils sont employés par l'établissement qui les reçoit et financent des activités, dont certaines contribuent à dégrader ces réservoirs. Chez Qileo, les fonds déposés n'orientent ni vers les énergies fossiles ni vers les industries controversées. C'est une décision d'affectation, distincte de tout achat de crédits.

L'empreinte carbone est par ailleurs suivie, ce qui donne le point de départ de toute trajectoire : savoir ce que l'on émet avant de parler de ce que l'on absorbe.

Les opérations sont catégorisées au fil de l'eau et les justificatifs restent rattachés aux opérations, ce qui permet d'identifier les postes d'achat les plus émetteurs plutôt que de raisonner sur des moyennes. Le compte est ouvert avec un IBAN français.