Glossaire

LCB-FT

La LCB-FT désigne le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme auquel sont soumis les établissements financiers.

Elle impose d'identifier le client et le bénéficiaire effectif, de surveiller les opérations dans la durée et de déclarer à Tracfin toute transaction dont l'origine paraît douteuse.

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C'est la raison pour laquelle une banque demande une pièce d'identité, un justificatif d'activité, parfois la liste des associés et une explication sur un virement inhabituel. Ces demandes passent souvent pour de la bureaucratie ou de la méfiance ; elles relèvent en réalité d'obligations légales que l'établissement ne peut pas ne pas appliquer. Comprendre la logique de la LCB-FT ne rend pas ces démarches agréables, mais permet de les anticiper, de préparer les bons documents et d'éviter les blocages de compte qui surviennent presque toujours faute de réponse.

Qu'est-ce que la LCB-FT ?

La LCB-FT désigne le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, auquel sont soumis les établissements financiers et de nombreuses autres professions.

Le blanchiment consiste à faire entrer dans l'économie légale des fonds issus d'une activité illicite. Le financement du terrorisme relève d'une logique inverse, puisque les fonds peuvent être d'origine licite, mais les deux sont traités par le même dispositif de vigilance.

Les obligations découlent de directives européennes successives, transposées en France dans le code monétaire et financier, et supervisées par l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution pour le secteur financier.

Le champ dépasse largement les banques : assureurs, experts-comptables, notaires, avocats, agents immobiliers et commissaires aux comptes y sont également soumis, avec des modalités adaptées à chaque profession.

Les trois obligations qui structurent le dispositif

L'identification du client. Avant d'entrer en relation, l'établissement doit identifier son client et vérifier son identité sur pièce. Pour une société, il doit remonter jusqu'aux bénéficiaires effectifs, c'est-à-dire aux personnes physiques qui la contrôlent en dernier ressort, directement ou indirectement.

La connaissance de la relation d'affaires. L'établissement doit comprendre la nature de l'activité, l'origine des fonds et les flux attendus. C'est ce qui explique les questions sur le chiffre d'affaires prévisionnel, les pays avec lesquels l'entreprise travaille ou la nature de sa clientèle.

La vigilance constante. L'obligation ne s'arrête pas à l'ouverture. L'établissement surveille les opérations, les compare à ce qu'il sait de l'activité, et actualise périodiquement sa connaissance du client. Une opération qui ne correspond pas au profil déclenche une demande d'explication.

L'intensité de ces contrôles est modulée selon le risque. Une activité simple, avec des flux réguliers et des contreparties françaises, relève d'une vigilance allégée. Certaines situations imposent au contraire une vigilance renforcée : structures complexes, pays à risque, personnes politiquement exposées.

Ce que cela implique concrètement pour une entreprise

Quatre moments concentrent les demandes, et savoir ce qui sera demandé fait gagner des jours.

À l'ouverture du compte. Pièce d'identité du dirigeant, justificatif d'existence de l'entreprise, statuts pour une société, identification des bénéficiaires effectifs, description de l'activité. Un dossier complet dès le premier envoi raccourcit considérablement le délai.

Lors d'une mise à jour périodique. L'établissement redemande des documents, parfois alors que rien n'a changé. Ne pas répondre est la première cause de restriction, puis de clôture, d'un compte professionnel.

Sur une opération inhabituelle. Un encaissement très supérieur aux flux habituels, un virement vers un pays sans lien avec l'activité, une série d'opérations en espèces : l'établissement demande une explication et, souvent, un justificatif. Une réponse rapide referme le sujet.

En cas de changement. Nouvelle activité, nouvel associé, nouveau dirigeant, changement de bénéficiaire effectif : ces évolutions se signalent, faute de quoi le profil connu de l'établissement cesse de correspondre à la réalité.

Une entreprise ne peut pas se soustraire à ces obligations, mais elle peut les rendre indolores : garder ses documents à jour dans un dossier unique et répondre dans les jours qui suivent la demande suffit dans la quasi-totalité des cas.

Questions fréquentes

Pourquoi ma banque me demande-t-elle des documents alors que je suis client depuis dix ans ?
Parce que la vigilance est continue et la connaissance du client doit être actualisée. L'ancienneté n'exonère pas de cette obligation.

Un établissement peut-il refuser ou fermer un compte pour ce motif ?
Oui. S'il ne peut pas satisfaire à ses obligations d'identification ou de vigilance, il doit refuser d'entrer en relation ou y mettre fin. En cas de refus répétés, la procédure de droit au compte reste ouverte.

Suis-je informé si une déclaration me concernant est faite ?
Non. La déclaration de soupçon adressée à Tracfin est confidentielle, et l'établissement a interdiction d'en informer la personne concernée.

Mon entreprise est-elle elle-même soumise à ces obligations ?
Cela dépend de son activité. Les professions réglementées énumérées par la loi le sont, avec des procédures internes à mettre en place.

La déclaration de soupçon et ses suites

C'est la partie du dispositif la moins connue, et celle qui suscite le plus de malentendus.

Lorsqu'un établissement ne parvient pas à écarter un doute sur l'origine ou la destination de fonds, il adresse une déclaration de soupçon à Tracfin, la cellule de renseignement financier française. Cette déclaration n'est ni une accusation, ni une plainte : c'est une transmission d'information, dont l'immense majorité ne débouche sur rien.

Tracfin analyse, recoupe avec d'autres informations, et peut transmettre à l'autorité judiciaire ou à l'administration fiscale lorsque les éléments le justifient. Le nombre de transmissions reste très inférieur au nombre de déclarations reçues.

Trois conséquences pratiques en découlent. La confidentialité est absolue : un conseiller ne peut pas indiquer qu'une déclaration a été faite, et une réponse évasive à une question précise n'a pas nécessairement d'autre explication. Le gel des avoirs, en revanche, relève d'un dispositif distinct, ordonné par l'autorité administrative et notifié. Enfin, la meilleure protection d'une entreprise reste la cohérence : une activité bien décrite, des flux conformes à cette description et des justificatifs disponibles ne déclenchent pas de soupçon.

LCB-FT et Qileo

L'entrée en relation avec Qileo suit les mêmes obligations d'identification que tout établissement, réalisées en ligne, avec les pièces habituelles : identité du dirigeant, existence de l'entreprise, bénéficiaires effectifs. Une fois le compte ouvert, la lisibilité des opérations facilite la réponse à toute demande d'explication : les encaissements et les dépenses sont catégorisés au fil de l'eau, les justificatifs restent rattachés aux opérations et les comptes se lisent sur une vue unique. Les fonds déposés ne financent par ailleurs ni les énergies fossiles ni les industries controversées.