Glossaire

Frais de tenue de compte

Les frais de tenue de compte sont facturés par une banque pour la gestion administrative courante d'un compte, indépendamment des opérations réalisées.

Bien que souvent modestes, ils font partie des éléments à comparer lors du choix d'une banque, aux côtés des frais liés aux moyens de paiement.

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C'est la ligne qu'on ne regarde jamais parce qu'elle est petite, et qu'on paie chaque mois pendant des années. Les frais de tenue de compte ont cette particularité d'être à la fois le poste le plus visible d'une brochure tarifaire et le moins représentatif du coût réel d'un compte professionnel. Une offre affichée à quelques euros par mois peut coûter plus cher qu'une offre deux fois plus chère sur le papier, selon ce qu'elle facture à côté. Savoir lire une tarification bancaire est une compétence qui se rentabilise en une heure.

Que sont les frais de tenue de compte ?

Les frais de tenue de compte rémunèrent la gestion administrative courante d'un compte bancaire, indépendamment des opérations qui y transitent.

Ils couvrent l'existence du compte elle-même : son ouverture dans les systèmes, la production des relevés, la mise à disposition des services de base. Ils se facturent le plus souvent mensuellement, parfois trimestriellement, et sont prélevés directement sur le compte.

Ils se distinguent des frais liés aux opérations, qui dépendent de l'usage : virements, prélèvements, remises de chèques, cartes. Et des frais d'incident, qui sanctionnent une irrégularité.

Sur un compte professionnel, ils sont systématiquement plus élevés que sur un compte de particulier, pour des raisons qui tiennent au coût de la relation, aux obligations de vérification imposées aux établissements et, plus prosaïquement, à une clientèle réputée moins sensible au tarif.

Ce qui compose réellement le coût d'un compte professionnel

Comparer deux offres sur les seuls frais de tenue de compte conduit presque toujours à une erreur. Cinq postes composent le coût réel.

L'abonnement. Les frais de tenue de compte proprement dits, parfois intégrés à une offre groupée qui inclut d'autres services.

Les moyens de paiement. Cotisation des cartes, coût des cartes supplémentaires, coût des cartes virtuelles lorsqu'elles sont facturées à l'unité.

Les opérations. Virements émis, prélèvements présentés, remises de chèques, versements d'espèces. Ces frais sont parfois nuls sur les opérations en ligne et significatifs sur les opérations traitées en agence.

Les services annexes. Accès en ligne, agrégation de comptes, export comptable, virements internationaux, mise à disposition de justificatifs.

Les frais d'incident. Commissions d'intervention, frais de rejet, frais de lettre d'information. Ce poste est le plus volatil et, sur un compte tendu, souvent le plus lourd. Il n'est plafonné par la loi que pour les comptes de particuliers.

La bonne méthode consiste à reconstituer une facture annuelle sur la base de son usage réel, poste par poste, plutôt qu'à comparer des abonnements.

Les obligations d'information, et ce qu'elles couvrent

Trois obligations encadrent la facturation, et deux d'entre elles ne protègent pas les entreprises.

La communication des conditions tarifaires. L'établissement met à disposition une brochure tarifaire et l'annexe à la convention de compte. Elle s'applique à tous les clients, professionnels compris.

La notification préalable des modifications. Toute évolution du tarif doit être communiquée avant son entrée en vigueur, avec un délai permettant au client de refuser et, le cas échéant, de clôturer sans frais. Pour les comptes professionnels, le délai relève de la convention, alors qu'il est fixé par la loi pour les particuliers.

Le récapitulatif annuel des frais. Ce document, qui totalise l'ensemble des sommes perçues au cours de l'année, doit être adressé gratuitement aux personnes physiques n'agissant pas pour des besoins professionnels. Les titulaires de comptes professionnels n'en bénéficient pas de droit, même si certains établissements l'étendent à leur clientèle d'entreprises.

Cette dernière asymétrie est celle qui a le plus d'effet pratique. Un entrepreneur ne recevra pas spontanément le total de ce qu'il a payé dans l'année. Le reconstituer suppose de relire douze relevés, ce que personne ne fait, et c'est précisément pourquoi ces frais passent inaperçus.

Questions fréquentes

Les frais de tenue de compte sont-ils obligatoires ?
Non, aucun texte ne les impose. Ils relèvent de la politique commerciale de l'établissement, et certaines offres n'en facturent pas.

Peuvent-ils être négociés ?
Oui, comme l'ensemble de la tarification, et d'autant plus facilement que le compte présente des flux réguliers. La négociation porte utilement sur les postes les plus consommés plutôt que sur l'abonnement.

Sont-ils déductibles ?
Les frais bancaires liés à l'activité constituent des charges déductibles dans les conditions de droit commun.

Comment connaître le total payé dans l'année ?
En le demandant à l'établissement, ou en additionnant les lignes de frais des relevés. Contrairement aux particuliers, les professionnels ne reçoivent pas ce récapitulatif de droit.

Faire l'exercice une fois par an

Un audit de frais bancaires prend une heure et se rentabilise presque toujours. Il tient en quatre étapes.

La première consiste à extraire, sur douze mois, toutes les lignes correspondant à des frais bancaires, en les classant par nature : abonnement, cartes, opérations, incidents. Le total surprend la plupart des entrepreneurs, et la répartition encore davantage : il n'est pas rare que les frais d'incident dépassent l'abonnement.

La deuxième consiste à comparer ce total à ce que coûterait le même usage chez deux ou trois autres établissements, en reprenant leurs grilles tarifaires poste par poste. L'écart significatif ne se situe presque jamais sur l'abonnement.

La troisième consiste à demander un alignement. Un compte au comportement régulier, avec des flux stables, est un client que les établissements cherchent à conserver. Une demande écrite, chiffrée et documentée obtient plus qu'une conversation.

La quatrième, si rien ne bouge, consiste à évaluer un changement. Il suppose de recenser tout ce qui pointe vers l'ancien compte, mandats de prélèvement, factures types, portails administratifs, plateformes d'encaissement. Cette liste est toujours plus longue que prévu, et c'est elle qui détermine la durée réelle de l'opération, pas la banque.

Frais de tenue de compte et Qileo

Qileo propose un compte dédié à l'activité sans les frais d'un compte professionnel classique, avec un IBAN français, des cartes physiques et virtuelles et les fonctions de gestion incluses plutôt que facturées séparément : catégorisation des opérations, rattachement des justificatifs, droits par membre de l'équipe, vue unique des comptes. L'intérêt porte moins sur le montant de l'abonnement que sur ce qui n'a pas à être ajouté à côté, et sur les frais d'incident que la structure du compte rend sans objet. Les fonds déposés ne financent par ailleurs ni les énergies fossiles ni les industries controversées.