Facture d'acompte
La facture d'acompte constate le versement partiel effectué par un client avant la livraison d'un bien ou l'achèvement d'une prestation.
Elle comporte les mentions obligatoires d'une facture ainsi que la TVA correspondante. Son montant est ensuite déduit de la facture de solde établie en fin d'opération.
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La facture d'acompte est l'outil de trésorerie le plus simple dont dispose une petite entreprise, et l'un des plus mal utilisés. Beaucoup d'indépendants livrent des prestations de plusieurs semaines sans rien demander à la commande, puis s'étonnent d'avoir financé leur client pendant deux mois. Le problème n'est presque jamais le droit, qui autorise l'acompte sans condition : c'est l'habitude de ne pas le demander.
Qu'est-ce qu'une facture d'acompte ?
La facture d'acompte constate le versement partiel effectué par un client avant la livraison d'un bien ou l'achèvement d'une prestation.
Ce n'est pas un document informel ni une simple demande de paiement : c'est une facture à part entière. Elle porte les mentions obligatoires, entre dans une séquence de numérotation, et fait naître les mêmes obligations en matière de TVA que n'importe quelle autre facture.
Elle se distingue des arrhes, qui relèvent d'une logique différente : les arrhes permettent à chaque partie de se dédire, l'acheteur en les abandonnant, le vendeur en les restituant au double. L'acompte, lui, engage fermement les deux parties. Le vocabulaire n'est donc pas interchangeable, et il vaut mieux écrire acompte quand c'est un acompte.
Le traitement de la TVA
C'est le point technique du sujet, et il diffère selon la nature de l'opération.
Pour une prestation de services, la TVA est exigible à l'encaissement : elle devient due dès la perception de l'acompte, et la facture d'acompte doit donc la faire apparaître.
Pour une livraison de biens, la TVA est en principe exigible à la livraison. L'acompte perçu avant n'emporte pas exigibilité, sauf option pour les débits.
En pratique, la plupart des entreprises facturent la TVA sur l'acompte dans les deux cas, ce qui simplifie le suivi et ne présente pas d'inconvénient dès lors que le traitement est cohérent.
La facture de solde
Elle reprend le montant total de l'opération, en déduit explicitement le ou les acomptes déjà facturés, et fait apparaître le reste à payer. Les références des factures d'acompte doivent y figurer. C'est ce lien qui évite le risque le plus courant : facturer deux fois le même montant, une fois en acompte et une fois dans le total.
Quel montant demander
La loi ne fixe aucun plafond entre professionnels : l'acompte relève de la négociation.
Trois repères se pratiquent couramment. Trente pour cent à la commande est la référence la plus répandue pour une prestation ou un chantier de durée moyenne. Un tiers, un tiers, un tiers, commande, mi-parcours et livraison, convient aux projets longs. Cinquante pour cent se justifie quand l'entreprise engage elle-même des frais importants dès le départ, achat de matériaux ou sous-traitance.
Le montant importe moins que le moment où il se décide. Un acompte se négocie au devis, jamais après : une fois la prestation engagée, le rapport de force a changé et la demande passe pour une inquiétude sur la solvabilité du client.
Un dernier point, souvent oublié : pour certaines prestations aux particuliers, un acompte est obligatoire ou encadré, notamment en matière de travaux et de services à la personne. Ces règles priment sur l'usage.
Questions fréquentes
Un acompte est-il remboursable ?
Si le contrat est exécuté, il s'impute sur le prix. En cas d'annulation, les conséquences dépendent de qui renonce et de ce que prévoit le contrat : l'acompte n'ouvre pas de droit de rétractation.
Faut-il une facture d'acompte pour chaque versement ?
Oui. Chaque encaissement partiel donne lieu à sa propre facture, numérotée, que l'on retrouvera dans la facture de solde.
L'acompte est-il concerné par la facturation électronique ?
Oui. C'est une facture au sens du dispositif : elle transite par une plateforme agréée et porte les mêmes obligations de format et de statuts.
Ce que l'acompte change vraiment
Au-delà de la trésorerie, l'acompte joue deux rôles que l'on mesure rarement.
Il filtre les clients. Un client qui refuse tout acompte sur une prestation engageante signale quelque chose : une difficulté de trésorerie, une habitude de payer tard, ou une intention de garder la main sur la relation. Ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est une information que l'on obtient au devis plutôt qu'au premier impayé.
Il engage le client dans le projet. Une prestation payée pour partie est une prestation que le client a déjà validée financièrement. Les demandes de modification tardives, les reports de rendez-vous et les abandons en cours de route diminuent nettement dès qu'une somme a été versée.
Il y a enfin un effet sur l'entreprise elle-même. Une activité qui facture tout à la fin construit une trésorerie en dents de scie, où chaque mois dépend de l'encaissement d'une ou deux grosses factures. Une activité qui pratique l'acompte lisse ses entrées et supporte beaucoup mieux un retard isolé. Pour une structure de quelques personnes, cette régularité vaut souvent davantage que quelques points de marge supplémentaires.
Reste la question de la formulation. Demander un acompte se présente mal quand on s'en excuse ; il passe naturellement quand il figure dans le devis au même titre que le prix, comme une modalité et non comme une faveur.
Facture d'acompte et Qileo
Qileo permet d'émettre une facture d'acompte depuis le devis accepté, puis d'établir la facture de solde qui reprend automatiquement le montant déjà facturé, ce qui supprime l'erreur la plus fréquente : l'acompte oublié ou compté deux fois. Les encaissements arrivant sur le compte professionnel, le lien entre ce qui a été facturé et ce qui a été réellement reçu reste visible sans reconstitution. Pour un indépendant, l'intérêt n'est pas administratif : c'est de rendre l'acompte assez simple à demander pour qu'il devienne la norme plutôt que l'exception.