Capital social
Le capital social est la somme des apports faits par les associés à la société lors de sa constitution, en numéraire ou en nature, en échange de parts ou d'actions.
Il fixe la répartition du pouvoir entre associés et constitue la garantie minimale des créanciers. En SAS, SASU, SARL et EURL, son montant est libre et peut être d'un euro.
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Un euro suffit pour créer une SAS ou une SARL, et beaucoup de créateurs s'arrêtent à cette information. Elle est exacte et trompeuse à la fois. Le capital social ne conditionne pas la création, mais il détermine qui décide, ce que la société peut financer avant son premier encaissement, et ce que pensera un banquier ou un bailleur en lisant l'extrait d'immatriculation. C'est une décision de gouvernance et de crédibilité déguisée en formalité comptable, et elle se corrige mal une fois les parts réparties.
Qu'est-ce que le capital social ?
Le capital social est la somme des apports faits à la société par ses associés lors de sa constitution, en échange de parts sociales ou d'actions.
Ces apports prennent trois formes. L'apport en numéraire, c'est-à-dire de l'argent. L'apport en nature, un bien matériel ou immatériel : matériel, véhicule, brevet, fonds de commerce. Et l'apport en industrie, qui consiste à mettre à disposition un savoir-faire ou une activité : il donne droit à des parts mais n'entre pas dans le capital social, car il ne constitue pas une garantie pour les créanciers.
Le capital appartient à la société, non aux associés. Ceux-ci détiennent en échange des titres, qui leur confèrent des droits de vote et des droits financiers.
Une fois libéré, cet argent n'est pas immobilisé : il devient de la trésorerie que la société utilise pour son activité. L'idée d'un capital bloqué sur un compte est une confusion avec la phase de dépôt, antérieure à l'immatriculation.
Libération, dépôt, et ce qui se passe à la création
La constitution suit un ordre précis.
Les apports en numéraire sont d'abord déposés sur un compte bloqué ouvert au nom de la société en formation, auprès d'une banque, d'un notaire ou de la Caisse des dépôts. L'établissement délivre une attestation de dépôt des fonds, pièce exigée pour l'immatriculation.
Les fonds sont ensuite débloqués sur présentation de l'extrait d'immatriculation, et rejoignent le compte courant de la société.
La libération, c'est-à-dire le versement effectif des apports, n'a pas à être intégrale au départ. En SARL et en EURL, une partie seulement doit être versée à la constitution, le solde devant l'être dans les cinq ans. En SAS et en SASU, la fraction exigée immédiatement est plus élevée, avec le même délai pour le reste. Un capital non libéré reste une dette de l'associé envers la société, exigible, et il apparaît comme tel dans les comptes.
Les apports en nature suivent une procédure distincte : ils doivent être évalués, et cette évaluation relève d'un commissaire aux apports au-delà de certains seuils ou lorsque les associés ne s'en dispensent pas. Surévaluer un apport engage la responsabilité de celui qui l'a fait.
Combien mettre, et pourquoi le montant compte
Le minimum légal étant symbolique pour les formes les plus courantes, la question devient économique.
Le capital sert d'abord à financer le démarrage. Une société constituée avec un euro n'a aucune trésorerie le jour de son immatriculation : elle doit emprunter à son dirigeant, par un compte courant d'associé, pour payer ses premières factures. Ce n'est pas illégal, c'est simplement moins lisible et cela déplace le financement dans un poste de dette.
Il envoie ensuite un signal. Un banquier sollicité pour un prêt, un bailleur pour un local, un assureur pour une garantie regardent le capital comme une indication de l'engagement des associés. Un capital dérisoire face à un projet qui demande des moyens attire l'attention plutôt qu'il ne rassure.
Il fixe enfin la répartition du pouvoir, et c'est l'effet le plus durable. Le nombre de titres détenus détermine les droits de vote, les majorités atteignables et la part des dividendes. Une répartition mal pensée à la constitution, par exemple un partage strictement égal entre deux associés sans mécanisme de déblocage, produit des situations d'impasse dont on ne sort qu'en cédant ou en dissolvant.
Le capital influe par ailleurs sur le calcul des cotisations des dirigeants travailleurs non salariés, la fraction de dividendes réintégrée dans leur assiette sociale s'appréciant par rapport au capital et aux sommes en compte courant.
Questions fréquentes
Le capital garantit-il les créanciers ?
Très partiellement. Il représente ce que les associés ont apporté, pas ce que la société détient au moment où un créancier réclame son dû. Une banque demande d'ailleurs le plus souvent une caution personnelle en complément.
Peut-on récupérer son apport ?
Pas librement. Un associé récupère sa mise en cédant ses titres ou lors de la liquidation, après désintéressement des créanciers, et non par un simple retrait.
Quelle différence avec le compte courant d'associé ?
Le compte courant est un prêt consenti à la société, remboursable, qui ne donne aucun droit de vote. Le capital est un apport définitif qui confère des titres.
Comment augmenter le capital ?
Par une décision collective modifiant les statuts, suivie des formalités de publicité et de dépôt. L'opération peut consister en apports nouveaux ou en incorporation de réserves.
Faire évoluer le capital au cours de la vie de la société
Le capital social n'est pas figé, et trois opérations reviennent régulièrement.
L'augmentation de capital consiste à émettre de nouveaux titres, en contrepartie d'apports nouveaux ou par incorporation de réserves accumulées. Elle sert à financer un développement, à faire entrer un investisseur ou à renforcer la crédibilité de la société auprès de ses partenaires. Elle suppose une décision collective, une modification des statuts et des formalités de publicité, et elle dilue mécaniquement les associés qui n'y participent pas.
La réduction de capital intervient soit pour apurer des pertes, ce qui ajuste les comptes sans faire sortir d'argent, soit pour restituer des fonds aux associés. Le second cas est plus encadré, les créanciers pouvant s'y opposer puisque la garantie théorique diminue.
Le capital variable est une option statutaire qui permet de faire entrer et sortir des associés entre un plancher et un plafond fixés d'avance, sans formalité de modification à chaque mouvement. Elle est utile aux structures à sociétariat mouvant, coopératives en tête, et inutile ailleurs.
Une alternative existe à toutes ces opérations, et elle est souvent préférable pour un besoin temporaire : l'avance en compte courant d'associé. Elle apporte de la trésorerie sans toucher au capital ni à la répartition du pouvoir, et se rembourse. Sa contrepartie est qu'elle constitue une dette, que les partenaires financiers lisent comme telle. Le bon réflexe consiste à réserver le capital à ce qui est durable et le compte courant à ce qui ne l'est pas.
Capital social et Qileo
Après le dépôt initial et l'immatriculation, le capital devient la trésorerie de la société et transite par son compte courant. Qileo fournit ce compte avec un IBAN français, des cartes physiques et virtuelles plafonnables et des droits distincts selon les rôles, de sorte que les premières dépenses d'une société qui démarre restent cadrées plutôt que réglées sur la carte personnelle du dirigeant. Les justificatifs restent attachés aux opérations pour la première clôture, et les fonds déposés ne financent ni les énergies fossiles ni les industries controversées.