Glossaire

Auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur)

L'auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est un statut juridique simplifié permettant à un particulier d'exercer une activité professionnelle indépendante, avec des formalités de création allégées et un régime fiscal et social calculé directement sur le chiffre d'affaires réalisé.

Ce statut est particulièrement adapté aux activités de petite envergure ou en phase de test, grâce à des cotisations sociales proportionnelles aux recettes encaissées et à une franchise de TVA en dessous de certains seuils.

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Karim
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Un million et demi de personnes exercent sous ce régime en France, et une bonne partie d'entre elles ignore encore qu'il ne s'agit pas d'un statut juridique. L'auto-entrepreneur n'est pas une forme de société ; c'est un entrepreneur individuel qui a opté pour un mode de calcul simplifié de ses cotisations et de son impôt. La distinction paraît théorique jusqu'au jour où l'on se demande qui est responsable des dettes, pourquoi les charges ne se déduisent pas, ou ce qui se passe au moment de sortir du régime. Reprendre le mécanisme depuis le début évite la plupart de ces malentendus.

Qu'est-ce qu'un auto-entrepreneur ?

L'auto-entrepreneur, appelé micro-entrepreneur depuis la fusion des deux appellations, est un entrepreneur individuel qui relève du régime micro-social et, le plus souvent, du régime micro-fiscal.

Deux couches se superposent donc. La première est juridique : l'entreprise individuelle, une activité exercée en nom propre, sans création de personne morale distincte. La seconde est un régime simplifié : les cotisations sociales et l'impôt se calculent directement sur le chiffre d'affaires encaissé, sans comptabilité d'engagement ni bilan.

C'est cette seconde couche qui fait tout l'intérêt du dispositif, et toute son ambiguïté. Un micro-entrepreneur qui dépasse durablement les plafonds du régime ne disparaît pas : il reste entrepreneur individuel et bascule vers le régime réel. Le statut demeure, le mode de calcul change.

Comment le régime fonctionne concrètement

Tout part du chiffre d'affaires encaissé. Pas facturé, encaissé : une facture émise en décembre et réglée en janvier appartient à l'exercice suivant.

Ce chiffre d'affaires est déclaré à l'URSSAF, mensuellement ou trimestriellement au choix, et les cotisations sociales s'obtiennent en lui appliquant un taux qui dépend de la nature de l'activité. Un chiffre d'affaires nul se déclare quand même, à zéro.

Sur le plan fiscal, l'administration applique au chiffre d'affaires déclaré un abattement forfaitaire censé représenter les charges professionnelles, et impose le solde au barème progressif. Le micro-entrepreneur peut alternativement opter pour le versement libératoire, qui règle l'impôt en même temps que les cotisations.

Le point déterminant tient en une phrase : les charges réelles ne se déduisent jamais. L'abattement les remplace, quel que soit leur montant effectif. Une activité peu chargée y gagne, une activité qui achète de la marchandise, sous-traite ou loue un local peut y perdre beaucoup.

Les obligations que l'on découvre en cours de route

La simplicité du régime porte sur le calcul, pas sur les obligations, et plusieurs d'entre elles surprennent.

La facturation. Un micro-entrepreneur émet des factures conformes, avec les mentions obligatoires, une numérotation chronologique continue et, tant qu'il relève de la franchise en base, la mention indiquant que la TVA n'est pas applicable. Ces factures se conservent dix ans.

Le livre des recettes. Il recense les encaissements dans l'ordre chronologique, avec la référence de la pièce justificative. Les activités d'achat-revente y ajoutent un registre des achats.

Le compte bancaire dédié. L'obligation s'impose au-delà de dix mille euros de chiffre d'affaires réalisés deux années consécutives. Il s'agit d'un compte séparé, pas nécessairement d'un compte professionnel facturé comme tel.

La TVA. La franchise en base n'est pas définitive : au-delà de certains seuils, le micro-entrepreneur devient redevable, doit facturer la TVA et la déclarer, tout en restant au régime micro pour ses cotisations.

La cotisation foncière des entreprises. Due à partir de la deuxième année d'activité, elle n'est pas prélevée par l'URSSAF et se règle séparément.

Questions fréquentes

Peut-on cumuler avec un emploi salarié ?
Oui, sous réserve de la clause d'exclusivité éventuellement prévue au contrat de travail et du devoir de loyauté envers l'employeur.

Le patrimoine personnel est-il protégé ?
Depuis la réforme du statut de l'entrepreneur individuel, le patrimoine personnel est en principe séparé du patrimoine professionnel et à l'abri des créanciers de l'activité, sauf renonciation ou fraude.

Que se passe-t-il en cas de dépassement des plafonds ?
Le dépassement une année n'entraîne pas de sortie immédiate. C'est sa persistance qui fait basculer l'entrepreneur au régime réel, à compter du 1er janvier suivant.

Peut-on embaucher ?
Rien ne l'interdit, mais le régime n'a pas été conçu pour cela : les salaires ne se déduisent pas du chiffre d'affaires, ce qui rend l'opération rarement tenable.

Quand le régime micro cesse d'être le bon choix

Trois signaux indiquent qu'il faut faire le calcul, indépendamment des plafonds.

Le premier est le poids des charges réelles. Dès qu'elles dépassent l'abattement forfaitaire, le micro-entrepreneur paie de l'impôt sur un bénéfice qu'il n'a pas réalisé. Un prestataire qui travaille depuis son salon reste gagnant longtemps ; un artisan qui achète des matériaux bascule vite.

Le deuxième est l'investissement. Le régime micro n'amortit rien : un véhicule, du matériel, un aménagement sont payés sur des revenus déjà imposés. Une activité qui doit s'équiper trouve au réel un traitement plus favorable.

Le troisième est la structuration. Accueillir un associé, faire entrer un investisseur, protéger une marque dans une structure distincte, préparer une cession : rien de tout cela ne se fait en entreprise individuelle. Le passage en société répond alors à une logique patrimoniale plutôt que fiscale.

À l'inverse, deux situations justifient de rester : une activité complémentaire dont le chiffre d'affaires reste modeste, et un démarrage dont on ignore encore la trajectoire. Le régime micro a cette qualité rare de ne rien coûter quand il ne rapporte rien, et c'est ce qui en fait un excellent point de départ, rarement un point d'arrivée.

Auto-entrepreneur et Qileo

Qileo propose aux micro-entrepreneurs un compte dédié à leur activité avec un IBAN français, des cartes physiques et virtuelles et une ouverture rapide, sans les frais d'un compte professionnel classique. Les encaissements et les dépenses y sont catégorisés au fil de l'eau, ce qui rend la déclaration de chiffre d'affaires immédiate plutôt que reconstituée à partir de relevés mêlant courses et honoraires. S'y ajoute un choix qui compte pour beaucoup d'indépendants : les fonds déposés ne financent ni les énergies fossiles ni les industries controversées, et l'empreinte carbone des dépenses est suivie au même endroit que la trésorerie.